Carnet de route

Le Nord du Pérou par la côte

Pour cette quinzième étape de notre voyage, nous quittons les montagnes du centre du Pérou et rejoignons la côte. La descente par le canyon del Pato fut très belle, mais la route Panaméricaine qui longe la côte beaucoup moins. Nous profitons quand même de cet itinéraire pour découvrir la belle ville de Trujillo et ses sites archéologiques précolombiens.

Au programme : des tunnels, de la descente, la Panaméricaine, des dunes, du sable et du vélo …


L’étape en bref

Les chiffres de l’étape

Distance443 km // Total = 8 485 km
Durée9 jours, dont 6 jours de vélo
Crevaisons / Casses2 crevaisons 🙁
Nuits5 nuits en auberge
3 nuits à la Casa de Ciclistas de Trujillo
1 nuit en bivouac

Le trajet

Nos coups de cœur

♥ Le canyon del Pato et ses 35 tunnels
♥ La belle ville coloniale de Trujillo


Nos aventures en détail

1. De Caraz à Trujillo : descente sur la côte par le Cañon del Pato

A Caraz, nous prenons la route et quittons définitivement les montagnes péruviennes pour rejoindre la côte. La route est asphaltée et principalement en descente. Nous roulons cheveux aux vents, sous le soleil, tout va bien pour le moment !

Nous sommes dans une vallée et à mesure que nous avançons, les montagnes se resserrent autour de nous … Ca y est, nous arrivons dans le Cañon del Pato. Ce canyon a la particularité d’être très étroit par endroit et de voir s’enchainer 35 tunnels sur une vingtaine de kilomètre. Les tunnels, plutôt courts, ne sont pas du tout éclairés. Et c’est n’est donc pas très rassurant de s’y engager lorsque ceux-ci semblent plus long que la moyenne, encore moins quand on entend le moteur d’une voiture qui arrive en face. Dans ces cas-là, nous essayons d’allumer toutes nos lumières et de nous serrer contre la paroi. A part ça, le canyon est quand même très impressionnant !

Après le canyon, nous croisons tout d’un coup plein de cyclistes. D’abord un couple de japonais, puis un anglais et une indienne. Enfin dans le village de Huallanca, nous tombons sur un groupe d’Equatoriens qui fait un voyage « express », suivi par un bus. Ils voyagent donc sans porter leurs bagages et sont très impressionnés de nous voir avec nos vélos lourds et chargés. Ils sont en train de déjeuner et nous offrent même une petite bière 😊

Vallée Rio Santa - Paysage
Avec Biciecuador
Canyon del Pato - Cactus

Après un bivouac dans une maison abandonnée au bord du Rio Santa, nous continuons notre route en direction de l’Océan. Le canyon s’est totalement ouvert et la vallée dans laquelle nous roulons accueille de grandes exploitations agricoles. Nous comprenons que les récoltes manuelles de pommes de terre des montagnes ont laissé place ici à l’agriculture intensive et aux pesticides …

Vallée Rio Santa - Paysage avec piments
Vallée Rio Santa - Piments
Vallée Rio Santa - Rapace

A Santa, nous sommes au niveau de la mer et avons rejoint la Panaméricaine. C’est l’une des routes principales du Pérou : elle traverse le pays du Nord au Sud, le long de la côte. Selon les portions, elle est soit à 2 voies, soit autoroute à 2×2 voies.

Pour rejoindre Trujillo, nous devons rouler pendant 2 jours sur la Panaméricaine. Et quelle expérience … Au bout d’une heure, nous avons envie de prendre un bus, de faire du stop, bref, d’avancer le plus vite possible. L’horizon est masqué par une brume épaisse et nous sommes entourés de dunes de sables et de déchets … En d’autres mots, nous roulons dans un désert, sous une brume et au milieu des ordures ☹

Panaméricaine nord - Dunes de sables
Panaméricaine nord - Vue de la route

Bon, en début d’après-midi, le ciel se dégage et finissons même par trouver les dunes jolies. Nous nous rendrons compte plus tard que la brume matinale fini toujours par se dissiper en après-midi. Nous roulons bien finalement sur cette grande route, plutôt plate, et arrivons rapidement à Trujillo.

2. Trujillo, troisième ville du Pérou

A Trujillo, nous sommes logeons à la fameuse Casa de Ciclistas de Luis Ramirez D’Angelo, dit Lucho. C’est l’un des premiers à avoir ouvert sa maison aux cyclistes du monde entier. Depuis 1985, il a accueilli près de 2.500 cyclistes chez lui ! Nous y resterons 2 jours et y croiserons de nombreux autres cyclistes, qui voyagent tous en direction du sud : 3 colombiens, 1 vénézuélienne, 1 français et 2 chinois. Ce lieu, qui nous paraissait être un lieu incontournable des voyageurs en vélo de passage à Trujillo, nous apparait finalement avoir perdu un peu de son âme de maison de rencontres et de partages … Mais après avoir vu passer autant de monde, c’est peut-être normal ? Avec le temps, le lieu semble avoir progressivement basculé dans un modèle commercial, un hébergement payant sans les infrastructures attendues …

Trujillo est la troisième ville du Pérou et le premier centre économique du nord du pays. La ville a été fondée par les Espagnols en 1534. Elle possède encore de très beaux édifices coloniaux et son centre-ville est très beau. C’est vraiment très agréable de se promener dans une belle ville, car, à quelques exceptions près, les villes péruviennes ne sont pas réputées pour être très belles. Le climat de la ville est très agréable et elle est d’ailleurs réputée pour ses températures de « printemps éternel ».

Trujillo - Bâtiments coloniaux
Trujillo - Cathédrale
Trujillo - Plaza de Armas

Nous profitons aussi de Trujillo pour visiter un site archéologique de la civilisation Chimu, qui habitait la région depuis le Xème siècle avant d’être délogés par les Incas au XVème siècle. Nous visitons le palais Nik-An, situé dans l’ancienne capitale Chimu, la citadelle de Chan-Chan. Entièrement construit en adobe, on a l’impression de se promener dans un immense château de sable ! Les bas-reliefs des murs, qui représentent de pélicans, des poissons ou des motifs géométriques sont très beaux. Sans avoir beaucoup d’explications sur le lieu ou la culture Chimu, nous prenons conscience de l’importance des cultures précolombiennes autres que celles des Incas.

Chan-Chan - Vue extérieure
Chan-Chan - Bas-reliefs loutres
Chan-Chan - Bas-reliefs poissons
Chan-Chan - Niches en adobe

3. Adieu Pérou !

A Trujillo, pour des raisons de timing et pour éviter de rouler encore au milieu du désert, nous prenons un bus pour Piura. Cette ville se situe à 150 km de la frontière équatorienne.

La compagnie de bus est très professionnelle et nos vélos sont chargés avec attention dans la soute. Le trajet dure 7h30 et nous sommes bien contents d’avoir choisi le bus et non de faire le trajet en vélo. La Panaméricaine traverse toujours le désert, comme avant Trujillo. Bref, ça aurait était assez long et ennuyeux en vélo.

De Piura, il nous reste donc deux jours de pédalage avant de passer la frontière, quitter le Pérou et entrer en Equateur. Nous quittons Piura, motivés par notre objectif d’entrer en Equateur et de découvrir un nouveau pays.

Durant ces deux jours de vélo, nous pédalerons sous une chaleur caniculaire. Il fait environ 35°C à l’ombre et notre thermomètre affiche jusqu’à 44°C en plein soleil … Bien que la route ne soit pas difficile, pédaler avec cette chaleur rend l’effort encore plus dur. Nous suons à grosses gouttes et essayons de nous rafraîchir chaque fois que nous trouvons un petit coin d’ombre. Nous nous arrêtons aussi pour boire des jus de papaye rafraîchissants ou des Coca bien frais pour dépenser nos derniers soles péruviens.

Entre Piura et Macara - Pauline sur la route
Entre Piura et Macara - Arbre dans le désert
Entre Piura et Macara - Vaches

A mesure que nous approchons de la frontière, le désert cède sa place à des grandes cultures de mangues, bananes, papayes … et même de noix de coco ! Il y a aussi quelques cultures de riz en terrasses. Le paysage à bien changé depuis le désert de Trujillo et encore plus depuis les montagnes de Huaraz 😉

Entre Piura et Macara - Cocotiers
Entre Piura et Macara - Arbre
Entre Piura et Macara - Rizières

Le passage frontière se fait très facilement et nous arrivons complètement cuits de deux journées éprouvantes à Macara, notre première ville équatorienne. Rendez-vous au prochain article pour nos premières impressions de l’Equateur 😊

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4 Commentaires

  • Répondre
    Fred HERVE
    10 septembre 2018 le 2 h 35 min

    Salut.
    Mais quelle idée de quitter les montagnes.
    En bas du canyon del pato il fallait tourner à droite en direction du nord du Pérou.
    Cette région est magnifique et peu fréquenté par les touristes.
    Bon vous êtes jeunes, vous pourrez toujours revenir.
    Fred et Brigitte

    • Répondre
      Pauline & Simon
      14 septembre 2018 le 17 h 15 min

      On sait, on avait vu vos photos ! Mais c’était une question de timing …
      Bonne route à vous 2 !

  • Répondre
    lesandesenrouelibre
    19 septembre 2018 le 16 h 21 min

    Coucou, profitez bien de votre séjour en Equateur, on a hâte de vous lire et de voir les photos…Des bises à vous 2

    • Répondre
      Pauline & Simon
      19 septembre 2018 le 17 h 03 min

      Merci ! On profite bien de l’Equateur pour l’instant 😊 des bises à vous tous aussi !

    Répondre