Carnet de route

L’Equateur, au pays des volcans

Pour cette dix-septième étape de notre voyage, nous roulons en Equateur, du centre jusqu’à la frontière avec la Colombie. Nous traversons toujours le pays par les montagnes et découvrons des paysages spectaculaires, comme la lagune du Quilotoa ou le volcan actif du Cotopaxi. Nous passons aussi une étape importante de notre voyage : nous repassons dans l’hémisphère nord après tous ces kilomètres dans l’hémisphère sud !

Au programme : des volcans actifs, une lagune émeraude, la capitale et du vélo …


L’étape en bref

Les chiffres de l’étape

Distance665 km // Total = 9 539 km
Durée17 jours, dont 13 jours de vélo
Crevaisons / Casses3 crevaisons 🙁
Nuits9 nuits en auberge
5 nuits en camping (dont 2 nuits à la Casa de Ciclista de Tumbaco)
3 nuits chez l'habitant

Le trajet

Nos coups de cœur

♥ La lagune du Quilotoa et les routes de campagnes aux alentours
♥ Le Cotopaxi, plus haut volcan actif du monde
♥ Le centre-ville colonial de Quito, capitale de l’Equateur


Nos aventures en détail

1. La boucle du Quilotoa

De Baños, où nous avions fait quelques jours de pause, nous reprenons la route et remontons vers la Panaméricaine. Nous faisons un premier arrêt à Ambato, grande ville sans trop d’intérêt. Puis, nous continuons jusqu’à Latacunga, où nous sommes hébergés chez Javier, via le site Warmshowers. Javier habite dans une très belle et grande maison en bordure de la ville. Nous passons une agréable soirée avec sa femme et lui, à discuter de l’Equateur, des changements de mentalité dans le pays, … Bref, nous en apprenons un peu plus sur la culture équatorienne.

De Latacunga, nous quittons la Panaméricaine pour commencer la boucle du Quilotoa, ou Quilotoa Loop, qui doit nous faire traverser de beaux paysages et surtout nous amener à la lagune du Quilotoa. Notre première journée est très longue, avec beaucoup de dénivelé et un col à 4.000 m d’altitude. Nous sommes bien revenus au cœur des Andes. Ici, les travaux des champs prédominent et les bergers se déplacent à cheval.

Quilotoa Loop - Paysage avec lama
Quilotoa Loop - Berger
Quilotoa Loop - Paysage

Vers 17h, le soleil commence déjà à décliner. Il est temps de chercher un endroit où passer la nuit. Mais les lieux discrets de bivouac semblent inexistants … Alors que nous nous arrêtons devant une maison pour boire une gorgée d’eau, les habitants de ladite maison nous interpellent : « Vous allez jusqu’où comme ça ?
– En Colombie !
– Ah ! Mais ce soir ?
– Ce soir, on ne sait pas.
– Venez donc dormir ici ! »
Et voilà comment nous nous retrouvons à dormir chez Julio, un sculpteur de masques en bois. Les masques, qui représentent souvent des animaux, servent pour les danses traditionnelles mais aussi pour la décoration. Nous installons nos matelas dans l’atelier et cuisinons nos traditionnels spaghettis du soir. Notre hôte nous offrira même quelques bananes plantain frites en guise de bienvenue. Un délice 😊

Quilotoa Loop - Canyon del Toachi
Quilotoa Loop - L'atelier des masques
Quilotoa Loop - L'atelier de peinture des masques

Le lendemain, il ne nous reste plus que 20 km pour rejoindre la lagune du Quilotoa. Nous y arrivons juste pour pique-niquer. Le vent souffle extrêmement fort mais nous avons de la chance, car le temps est bien dégagé. La lagune, située dans le cratère d’un volcan, est vraiment très belle, d’un beau vert émeraude. Avec le vent, il est vraiment difficile d’apprécier tranquillement la vue. Après les quelques photos de rigueur, nous reprenons la route jusqu’au village de Chugchilan.

La journée suivante sera l’une des plus longues et des plus éprouvantes du voyage. Nous avons un col à passer et la pente, très raide par endroit (10%), nous oblige à pousser les vélos. Pauline crève deux fois, toujours à cause du fond jante. Nous avançons donc assez lentement. Au fur et à mesure de la journée, nous découvrons les volcans Illiniza Sud (5.248 m) et Illiniza Nord (5.116 m) qui se dévoilent de derrière les nuages.

Quilotoa Loop -Volcan Illiniza
Quilotoa Loop - Traite des vaches
Quilotoa Loop - Panneau vélo

Encore une fois, le soleil déclinant, nous nous mettons en quête d’un endroit pour dormir. Ici, tout le monde possède des vaches et c’est l’heure de la traite. A la main bien sûr ! Nous demandons un toit dans une ferme mais on nous renvoie vers une petite école plus loin. Malheureusement, le responsable de la clé de l’école n’est pas là et on ne sait pas quand il reviendra … Nous décidons donc de continuer jusqu’au village suivant, Taocazo.

Nous finissons donc de grimper notre col du jour et entamons la redescente. En chemin, nous assistons à un spectacle magique : le coucher de soleil sur les volcans Illiniza et même sur le Cotopaxi, que nous découvrons pour la première fois, après le passage du col. Nous arrivons donc à la tombée de la nuit au village et nous dirigeons directement vers la seule auberge du village. Malheureusement, elle est fermée … Coup de grâce de la journée ! Nous demandons aux voisins s’ils savent où est le propriétaire. Ils finissent par l’appeler et nous apprenons qu’il est à Quito. Désespérés, dans la nuit noire, nous profitons du portail ouvert de l’auberge pour installer « clandestinement » notre tente dans le jardin.

A 21h, alors que nous pensions cette journée terminée et que nous nous sommes déjà mis au lit, le propriétaire de l’auberge rentre de Quito. Extrêmement gênés de nous être installés ici, nous nous confondons en excuse. Le propriétaire se révèle très compréhensif, il nous laisse dormir ici sans problème et nous souhaite une bonne nuit. Enfin, après cette journée bien riche en émotions, nous pouvons dormir tranquillement 😊

2. Au pied du Cotopaxi, le plus haut volcan actif du monde !

Depuis Taocazo, nous devons retourner sur la Panaméricaine. En moins de 10 km, nous en avons déjà marre de cette grosse artère fréquentée de 2×3 voies. Heureusement, nous la quittons rapidement pour rejoindre le parc national du Cotopaxi. Le volcan est dans les nuages depuis ce matin. Nous ne changeons pas nos plans en espérant qu’il se dégage dans l’après-midi et que l’on puisse profiter d’un beau coucher de soleil comme la veille.

Le Cotopaxi culmine à 5.897 m d’altitude. C’est le volcan actif le plus haut du monde ! Sa dernière éruption remonte à 2015 et Quito, à 50 km, a été touchée par une pluie de cendre. Ses éruptions sont particulièrement dangereuses car, en provoquant la fonte des glaces et des neiges de son sommet, elles créent des coulées de boues qui descendent à toute vitesse dans les vallées les plus proches. Heureusement pour nous, le volcan semble être tranquille actuellement 😊

Parc national Cotopaxi - Route
Parc national Cotopaxi - Panneau entrée
Parc national Cotopaxi - Fleurs

A l’entrée du parc national, après une petite pause pique-nique, et alors que nous nous apprêtions à repartir, nous apercevons un camping-car au loin. Nous attendons qu’il arrive à l’entrée. Ce sont des français ! Nous allons pouvoir discuter 😊 Virginie, Patrick et leur fille Ly-Lou, a.k.a Les Voyageurs Passionnés, voyagent depuis plus d’un an et demi depuis le Canada ! Ils descendent vers le Sud et comptent encore voyager pour un an et demi.

Après une longue discussion, ponctuée par l’arrivée d’autres voyageurs (des Allemands avec un camion 4×4 gigantesque et des Américains avec un petit van), nous remontons en selle pour les 12 derniers kilomètres de la journée. Tout roule jusqu’au moment où l’asphalte s’arrête brutalement … Il nous reste 4 km jusqu’à l’aire de campement, avec un dénivelé incroyable : nous finissons donc en poussant les vélos. Heureusement, au détour d’un virage, le Cotopaxi s’est dégagé ! Nous ne sommes pas venus pour rien 😉

Vers 16h, nous arrivons à l’aire de campement, enfin ! Les Voyageurs Passionnés y sont aussi et nous sommes même accueillis par Ly-Lou qui fait du vélo. Patrick nous propose tout de suite de venir prendre un petit café dans le camping-car. Nous ne pouvons pas refuser 😊 Finalement, nous nous faisons même inviter pour l’apéro (au pastis !) et pour dîner au chaud. Et à 3.800 m d’altitude, c’est un vrai luxe de ne pas cuisiner dehors avec notre popote !

Nous passons une excellente soirée tous les cinq, à échanger sur nos souvenirs de voyage et nos bons plans. La soirée est d’autant plus mémorable que nous sommes dans un lieu extraordinaire. Le Cotopaxi est totalement dégagé et nous profitons d’un magnifique coucher de soleil. Nous avons même la visite d’une sorte de petite biche et nous apercevons des chevaux sauvages au loin !

Parc national du Cotopaxi - Bivouac
Parc national du Cotopaxi - Biche
Parc national du Cotopaxi - Coucher de soleil sur le Cotopaxi

Après une nuit bien calme, nous nous réveillons dans les nuages. Plus aucune trace du Cotopaxi … Nous plions la tente et prenons la route en direction de Quito. La brume se dissipe rapidement et le cône enneigé du volcan se laisse même entrapercevoir. Nous sommes réellement envoutés par le Cotopaxi 😊 La route qui mène à la capitale est en très mauvais état et elle est même empierrée sur une bonne partie. Heureusement, nous la faisons en descente. Et déjà en descente, nous n’avançons vraiment pas vite … Alors nous n’imaginons même pas en montée !

Avec les Voyageurs Passionnés
Parc national Cotopaxi - Simon
Parc national Cotopaxi - Pauline sur la piste
Parc national Cotopaxi - Volcan dans les nuages

3. Quito, la capitale

Bien fatigués de notre journée, nous arrivons à la Casa de Ciclistas de Tumbaco, en banlieue de Quito. Nous n’avons pas pu prévenir de notre arrivée mais Santiago nous accueille chaleureusement, comme si nous étions des amis de longue date. Il accueille les cyclistes ici depuis 27 ans et toujours avec le même enthousiasme qu’au début apparemment. Comme ce soir c’est l’anniversaire de Pauline, nous allons acheter un gâteau que nous partageons tous ensemble 😊

Anniverssaire à la Casa de Ciclistas de Tumbaco
Sculpture Quito

Nous restons tranquillement le lendemain à la Casa de Ciclistas, à nous reposer et à bichonner nos vélos. Le centre-ville de Quito est accessible en 1h de bus depuis Tumbaco mais nous préférons « déménager » pour mieux profiter de la ville. Nous partons donc le jour suivant et rejoignons Quito en vélo. Ce qui n’est pas une mince affaire car (a) il fait très chaud, (b) il y a 700 m de dénivelé positif en 20 km et (c) nous devons rouler principalement sur des bretelles d’autoroute …

Bien contents d’être arrivés entiers en centre-ville, nous prenons une douche et sortons directement boire une bonne bière fraîche ! Nous passerons 3 jours à Quito et nous profiterons bien du beau centre historique colonial. Celui-ci est d’ailleurs classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1978 : il fait donc parti des premiers sites inscrits sur cette liste, créée en 1978 !

Quito - Cathédrale
Quito - Plaza de la Independencia
Quito - Détail de la façade de l'église de la Compagnie de Jésus

Pour découvrir la ville, nous partons d’abord en visite guidée. Nous y découvrons la place de l’Indépendance, entourée du Palais Présidentiel et de la Cathédrale. L’indépendance de l’Equateur vis-à-vis du Royaume d’Espagne est officielle en 1822, après la bataille de Pichincha. Mais les premiers soulèvements ont lieu dès 1809, ce qui fait de l’Equateur le premier pays d’Amérique latine à entrer dans un processus d’indépendance.

Nous visitons également l’ancien palais de la Banque Centrale d’Equateur. Nous y apprenons pourquoi l’Equateur a choisi de remplacer le sucre (monnaie officielle depuis 1884) par le dollar des Etats-Unis en 2000. C’est en réponse à une crise économique et politique qui durait depuis 1990 que le président de l’époque, Jamil Mahuad, amorce le processus de dollarisation de l’Equateur. Les billets aujourd’hui utilisés en Equateur proviennent donc des Etats-Unis, alors que les pièces sont soit étatsuniennes, soit équatoriennes, avec la même valeur faciale.

Quito - Rue colorée
Quito - Eglise
Quito - Graffiti

Après ces jours de visite et de repos à Quito, nous reprenons la route, en direction du nord et de la frontière avec la Colombie. Mais d’abord, il nous faut sortir de Quito, ville qui s’étend sur 50 km du nord au sud ! Nous quittons la ville en traversant les quartiers modernes, qui n’ont absolument rien à envier à nos quartiers d’affaires européens. C’est un vrai contraste avec le Quito colonial que nous venons de visiter.

4. La route du nord, vers la Colombie

Pour rejoindre Tulcan, ville frontière avec la Colombie, assez peu d’options s’offrent à nous. Nous allons rouler sur la Panaméricaine pendant 5 jours et ce sera loin d’être de tout repos … Selon les portions, elle est plus ou moins large (de 2 voies à 2×3 voies) et même si le trafic est loin d’être dense nous n’avons pas vraiment l’impression d’être à notre place. Heureusement, deux événements viennent sauver nos 5 jours de route : une rencontre mémorable et la traversée d’une ligne mythique.

La rencontre a lieu au petit village de Cusubamba. Il est 17h30 et alors que nous cherchons l’auberge du village, nous passons devant une école où il y a de la lumière (ce qui est assez rare en Equateur car les cours terminent vers 13h-14h). Nous entrons et demandons si nous pouvons passer la nuit ici. Il y a un cours du soir pour adulte et la professeure nous dit qu’il faut demander au directeur mais qu’il n’est pas là. Écoutant la conversation, une élève du cours nous indique qu’elle peut nous héberger chez elle si nous voulons.

Elle nous accompagne chez elle, retourne à son cours du soir et nous laisse avec son fils de 12 ans, Stalin. Peu après, son mari est de retour. Nous faisons donc la rencontre d’Angel, un vrai personnage dont nous nous souviendrons longtemps. Angel a 60 ans, il est retraité prématuré de la police à cause d’une pneumonie, il est passionné de musique et de guitare, s’intéresse à toutes les manifestations du paranormal et est très bavard ! Il est très fier également de son fils, qui a une sacrée voix et enregistre des chansons depuis qu’il a 5 ans. Une sacrée rencontre 😊

Avec Angel et Irma
Entre Quito et Ipiales - Cactus en fleurs
Entre Quito et Ipiales - Palmiers
Entre Quito et Ipiales - Paysage

Le lendemain, avant de reprendre la route, nos hôtes nous ont préparé un petit-déjeuner équatorien qui nous tiendra bien au corps toute la journée : une assiette de pommes de terre, de l’avocat et un gros morceau de viande ! Tout ça à 7h30 du matin … Nos estomacs n’étaient pas vraiment préparés à ce genre de petit-déjeuner ! Mais nous sommes ravis de partager ce moment avec eux 😊

L’autre grand moment de ces dures journées de pédalage sur la Panaméricaine au nord de l’Equateur est le passage de la ligne de l’Equateur. Après 9 mois à pédaler dans l’hémisphère sud, nous repassons dans l’hémisphère nord ! Un moment important de notre voyage 😊

Ligne de l'Equateur - Monument à Cayambe
Ligne de l'Equateur - Quitsato à Cayambe
Ligne de l'Equateur - Pauline
Ligne de l'Equateur - Panneaux distances

Après 5 jours de route, nous arrivons finalement à la frontière avec la Colombie. Nous la passons sans encombre et entrons dans le dernier pays de notre voyage. A voir ce qu’il nous réserve comme surprise …


Le lexique franco-espagnol des Increvables Voyageurs

El aguacate : l’avocat. Ils sont délicieux en Equateur ! Mais le plus drôle c’est que l’avocat change de nom pratiquement à chaque frontière. Il s’appelle par exemple palta au Chili ou avocado en Argentine.

El guineo : la banane. L’Equateur est LE pays de la banane, c’est le premier exportateur mondial ! Et comme pour l’avocat, la banane a différent noms selon les pays : platano au Pérou ou banana au Chili. Nous nous régalons aussi de bananes plantain frites 😉

El Ecuavoley : l’Ecuavoley. C’est le sport national de l’Equateur, une sorte de volley à la sauce équatorienne, d’où le nom d’Ecua-volley 🙂 Il se joue à deux équipes de trois, avec un filet plus haut que pour le volley classique. Nous n’avons jamais vu de tournoi d’Ecuavoley mais nous avons vu des terrains et des filets dans pratiquement tous les villages !

La zona de securidad : la zone de sécurité. Comme l’Equateur est un pays de volcans actifs et de tremblements de terre, il y a des panneaux d’évacuation dans les zones à risques, qui mènent vers des zones sûres. Certains panneaux sont pris pour cible de détournements plutôt drôles, par exemple : zone de sécurité en cas d’attaques extraterrestres ou de dinosaures 🙂

Equateur - Panneau Sitio seguro
Equateur - Bananes
Riobamba - Marché

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4 Commentaires

  • Répondre
    lesandesenrouelibre
    21 octobre 2018 le 13 h 55 min

    Coucou les copains,
    Merci pour ce superbe article sur l’Équateur, ça nous fait toujours autant rêver….
    On pense à vous très fort!

    • Répondre
      Pauline & Simon
      21 octobre 2018 le 15 h 32 min

      Merci les copains ! On continue notre route et on vous fait des bisous 😊

  • Répondre
    Pascal&Odile
    26 octobre 2018 le 1 h 02 min

    Hello les loulous, formidable ce passage hémisphère sud hémisphère nord ! Enormes bisous

    • Répondre
      Pauline & Simon
      26 octobre 2018 le 1 h 10 min

      On a même pas senti la différence… 😆 mais on se rapproche de l’arrivée petit à petit 😉
      Bisous !

    Répondre