Carnet de route

La Bolivie en vélo – Partie 2 : La Paz et le lac Titicaca

Le Nevado Illimani (6.438 m) qui domine La Paz

Pour cette onzième étape de notre voyage, nous sommes toujours en Bolivie. Nous découvrons la capitale, La Paz, cette ville à presque 4.000 m d’altitude qui ne dort jamais. Puis, nous reprenons nos vélos en direction du lac Titicaca. Nous roulons sur la rive nord, loin de la rive sud touristique et traversons des régions authentiques.

Au programme : une capitale fourmilière, un téléphérique urbain, des marchés colorés, un lac immense, des villages authentiques et du vélo …


L’étape en bref

Les chiffres de l’étape

Distance186 km // Total = 6 323 km
Durée10 jours, dont 4 jours de vélo
Crevaisons / Casses0 crevaison 🙂
Nuits9 nuits en auberge
1 nuit dans une école

Le trajet

Nos coups de cœur

♥ La Paz, ville fourmilière, avec ses innombrables marchés
♥ Les petits villages agricoles de la rive nord du lac Titicaca


Nos aventures en détail

1. La Paz : l’autre capitale bolivienne, ville fourmilière

Depuis Sucre, où nous vous avions laissé la dernière fois, nous avons décidé de prendre le bus jusqu’à La Paz, au nord du pays. Un trajet express d’une capitale à une autre en quelque sorte : de Sucre, capitale constitutionnelle, à La Paz, capitale administrative. Un trajet de 13h de bus, qui nous a évité de nombreux cols et dénivelés. Bref, nous avons choisi la facilité 😉

Après une nuit peu reposante dans le bus, nous arrivons à 6h du matin à La Paz. Il fait encore nuit, la ville est encore endormie. Nous attendons que le soleil se lève avant de partir en quête d’un hébergement. Nous nous installons finalement au Canoa Hostel, une auberge de jeunesse qui se trouve juste au-dessus du marché des sorcières. La rue est très passante et les fenêtres sont en simple vitrage, mais pour 10€ à deux (80 bolivianos), nous saurons nous accommoder du bruit.

La veille, nous avons appris qu’Hugo et Alix, le couple de français qui fait le tour du monde et que nous n’arrêtons pas de recroiser depuis 3 mois, ont prévu d’arriver à La Paz le même jour ! Nous qui pensions avoir fait nos adieux la dernière fois à San Pedro de Atacama, nous sommes bien contents de les retrouver ! Nous voilà donc tous les 4 à La Paz, dans la même auberge, prêts à découvrir cette ville grouillante.

Les cholitas aiment aussi les glaces :)
Un stand de poissons, dans la rue, à La Paz
Les cholitas au marché, à La Paz : elles ne font pas vraiment rigoler !
Un marché de rue, à La Paz

Pour nous mettre dans le bain, nous faisons une visite guidée de la ville. Nous y apprenons plein d’anecdotes sur La Paz et ses habitants. Nous apprenons par exemple que la prison de San Pedro, en plein centre-ville, est quasiment autogérée. Il n’y a aucun garde à l’intérieur, mais seulement autour. Les détenus doivent louer leur cellule (de 10$ à 1000$ selon le confort) et doivent donc trouver une source de revenu pour la payer. Nous découvrons aussi l’origine du chapeau typique des cholitas boliviennes (ce chapeau trop petit qu’elle porte sur le sommet de la tête). Les Anglais souhaitaient vendre des chapeaux aux Boliviens mais les avaient prévus trop petits car ils pensaient qu’ils avaient des petites têtes en raison de leur petite taille ! Nous faisons également un tour au fameux marché des sorcières et découvrons quelques croyances et superstitions boliviennes.

L’ambiance de La Paz est vraiment particulière. Il y a d’abord tous ces mini-bus qui filent à toute allure et klaxonnent dans tous les sens. La plupart de ces mini-bus proviennent de Chine et ne sont pas vraiment aux normes occidentales quant à la pollution … Bref, La Paz est d’abord une ville polluée, qui sent l’essence. Il y a ensuite toutes les cholitas en habits traditionnels qui vendent des fruits, des légumes, du pain ou du fromage dans des petits stands de rue, avec leurs grandes jupes et leurs chapeaux. La Paz est aussi une ville colorée et animée. Et puis, il y a la géographie de la ville. La Paz est dans une cuvette mais la ville s’est étendue jusque loin sur les collines des environs. La Paz est donc une ville avec beaucoup de pentes, le tout situé entre 3.650 m et 4.100 m d’altitude !

La vue de La Paz depuis le mirador d'El Alto (4.095 m)
Un stand du marché des sorcières, à La Paz
Les fœtus de lama, au marché des sorcières, à La Paz

Après un petit tour au marché pour le déjeuner, nous allons visiter le musée d’ethnographie et du folklore (MUSEF). Celui-ci présente de belles collections d’objets en plumes colorées, une grande collection de bonnets (très important en Bolivie !) et une très belle salle avec des masques de fête venus de tout le pays.

Pour conclure cette première journée bien chargée, nous nous accordons un plaisir fromager qui nous rappelle les soirées d’hiver à la maison : une fondue suisse ! Dans un restaurant tenu par un Suisse, avec du fromage suisse fait en Bolivie, c’est un régal 😊

Le trafic devant l'église San Francisco, à La Paz
Un mini-bus comme il en existe tant à La Paz
La délicieuse fondue suisse de La Paz, avec Hugo et Alix

Le lendemain, nous allons visiter le petit musée de la coca, cette plante dont les Boliviens mastiquent les feuilles à longueur de journée pour lutter contre les effets de l’altitude et de la fatigue. Nous y apprenons que la plante est incontournable dans toutes les cérémonies et qu’elle contient plusieurs stimulants, dont la cocaïne, qui ont aidé les Boliviens à supporter des charges de travail plus conséquentes, dans les mines particulièrement. La coca fait donc partie intégrante de la culture bolivienne. Malheureusement, c’est aussi la matière première naturelle pour la fabrication de la cocaïne. Difficile donc en Bolivie de contrôler les plantations de coca destinées à un usage légal de celles destinées à un usage illégal. Quoi qu’il en soit, la plante est considérée comme une drogue dans la plupart des pays, dont la France.

La suite de notre séjour à La Paz sera bien moins riche en découverte. Était-ce l’almuerzo du marché ou la fondue suisse ? Dans tous les cas, nous finissons tous les deux par nous sentir mal et nous allons globalement passer les prochains jours à essayer de nous remettre. Alors que nous avions prévu de ne rester que 3 jours à La Paz, nous y resterons presque une semaine … Heureusement, l’auberge dispose d’une télé et nous (surtout Simon) pouvons suivre les matches de la coupe du monde 😊

Vue de la ville de La Paz
L'église San Francisco, à La Paz, un des derniers édifices de l'époque coloniale

Après 3 jours de convalescence, nous sommes prêts à reprendre la route. Pour fêter notre départ, Hugo nous prépare un cocktail typiquement bolivien, le Chuflay, à base d’alcool de raisin local (le Singani), de citron, de gingembre et de soda. Nous passons une très bonne dernière soirée à La Paz avec Hugo et Alix, en nous donnant rendez-vous au Pérou !

2. Le lac Titicaca : derniers kilomètres avant le Pérou

Quelque peu barbouillés par les cocktails de la veille (…), nous prenons la route après avoir regardé un dernier match de la coupe du monde. Pour sortir de la ville, qui se trouve dans une cuvette, le plus simple est de prendre le téléphérique. Nous embarquons donc dans les œufs, avec nos vélos, pour un dernier survol de La Paz. Le téléphérique est incroyablement moderne, en contraste total avec le reste de la ville. Il permet aux habitants des collines de La Paz de gagner un temps précieux par rapport à un trajet en bus.

Arrivés au bout de la deuxième ligne, nous montons en selle et quittons la ville. Nous pensions que nous allions en sortir rapidement mais il nous faudra encore bien une quinzaine de kilomètre avant de quitter la pollution et les odeurs d’ordures caractéristique de La Paz. En effet, nous constatons que la filière de traitement des déchets est quasi inexistante dans les régions de Bolivie que nous avons traversées. Les ordures sont donc jetées en vrac, sur le bord des routes …

Sur la route au nord du lac Titicaca, activité lessive dans la rivière, avec le Nevado Illampu en arrière plan.

Après notre deuxième jour de route depuis La Paz, nous arrivons au hameau de Merkeachacachi. Il y a une école et nous allons tenter notre chance pour demander à y passer la nuit. Nous arrivons en plein milieu d’une réunion du village. Un Bolivien s’extrait de la réunion et nous explique qu’il est une des 4 « autorités » du village, car il porte un sceptre sur le dos. Un peu bizarre comme accueil ! Mais au moins, nous parlons à la bonne personne si nous avons en face de nous le « chef » du village. Lorsque nous lui demandons si nous pouvons passer la nuit dans l’école, il a d’abord l’air de se demander pourquoi nous voulons dormir dans une école. « C’est une école ici, vous savez ! ». En insistant un peu et après avoir dû montrer nos passeports, il nous accorde de passer la nuit dans une petite réserve.

La vue du Nevado Illampu, depuis la rive bolivienne du lac Titicaca
Une vue du bord du lac Titicaca, depuis la rive nord, en Bolivie
Une vue du bord du lac Titicaca, depuis la rive nord, en Bolivie

Le lendemain matin, les enfants arrivent pour l’école. Ils ont l’air intrigués de nous voir ici, forment un petit groupe et nous observent, mais n’osent pas s’approcher. Nous essayons de leur poser des questions sur l’école, nous leur proposons de venir voir les vélos, mais ils restent timides. Tant pis, il est 9h, l’heure pour eux de rejoindre leur salle de classe, et pour nous de prendre la route.

Une petite habitation de roseaux, sur le lac Titicaca
Une vue du bord du lac Titicaca, depuis la rive nord, en Bolivie
Pauline, sur la route, au nord du lac Titicaca

Nous longeons le lac Titicaca, enfin ! Et nous nous retrouvons dans la Bolivie authentique. D’autres cyclistes nous avaient conseillés de rouler au nord du lac pour éviter les routes touristiques du sud. Et effectivement, ce côté du lac n’est absolument pas dénaturé par le tourisme.

Des barques sur le lac Titicaca, à Puerto Carabuco
Une petite lagune avec des flamants roses, vers le lac Titicaca

La région que nous traversons est très peuplée, il y a toujours des petits villages ou des habitations sur le bord de la route. Ici, les Boliviens vivent principalement de l’agriculture et au fil de la route, nous pouvons observer l’intégralité des travaux des champs. Il y a d’abord le séchage des pommes de terre. En effet, afin qu’elles se conservent plus longtemps, celles-ci sont déshydratée. Il y a ensuite le bétail, qui paît au bord de la route. Chaque bête est attaché par une corde à un piquet, pas d’enclos ici, mais on les change d’endroit tous les jours ! Et puis, il y a le foin, qui sèche en petits dômes sur chaque parcelle moissonnée. Pour parfaire le tableau, les femmes travaillent avec leurs jupes colorées et les hommes s’affairent, toujours coiffés d’un chapeau. Tout ce petit monde nous salue timidement sur notre passage.

Une Bolivienne qui promène son âne, au bord du lac Titicaca
Les anciennes cultures en terrasse, sur le flanc des montagnes, au bord du lac Titicaca
Paysage agricole au bord du lac Titicaca

Les champs sont globalement cultivés dans la plaine, alors que nous comprenons qu’ils étaient principalement cultivés à flanc de montagne auparavant. Et tout au long de la route, nous remarquons que les montagnes sont striées d’anciennes cultures en terrasse.

Après 4 jours de route depuis La Paz, nous arrivons au poste frontière, à Puerto Acosta. Nous quittons à présent l’asphalte pour une piste qui grimpe, avant d’entrer véritablement au Pérou. Mais ce récit sera pour le prochain article 😊 A très vite, depuis le Pérou !


Le lexique franco-espagnol des Increvables Voyageurs

Cuanto cuesta tu bicicleta ? : combien coûte ton vélo ? On ne compte pas le nombre de fois où l’on nous a posé cette question en Bolivie. Les Boliviens n’ont pas de très bons vélos, souvent de vieux vélos anglais sans vitesse. Ils regardent donc nos vélos avec envie et se demandent bien combien peuvent coûter de telles montures !

Las cholitas : les cholitas. C’est le nom des femmes boliviennes en habits traditionnels. Elles portent un chapeau (différent selon les régions), un gilet, une étole colorée en guise de sac à dos, une jupe (plus ou moins longue et avec plus moins de
volants selon les régions) et de petites sandales ou ballerines.

Los gringos : les gringos. Pour la première fois du voyage, nous nous sommes fait appeler « gringos » en Bolivie. Ce terme est utilisés par les Boliviens (et ailleurs en Amérique latine apparemment) pour désigner les étrangers, et notamment les Américains. Il n’est pas nécessairement utilisé de manière péjorative mais on n’apprécie pas vraiment de se faire traiter d’Américains !

El lama feto : le fœtus de lama. Au marché des sorcières de La Paz, il est possible d’acheter des fœtus de lama (tous de mort naturelle paraît-il). Pas pour faire une quelconque potion magique bolivienne, mais pour offrir à la Pachamama (la terre-mère), en échange d’une protection pour les nouvelles constructions. Les fœtus de lama sont donc enterrés sous les fondations des nouvelles maisons.

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4 Commentaires

  • Répondre
    Hugo et Alix
    7 juillet 2018 le 18 h 48 min

    Trop bien votre article, et la vidéo est super ! C’était cool de vous retrouver à La Paz ! Par contre, vous avez oublié une phrase dans votre lexique : « ¿ Donde estan los huevos para ir a El Alto ? » 😉
    On se retrouve à Cusco pour un pisco sour !

    • Répondre
      Pauline & Simon
      13 juillet 2018 le 18 h 13 min

      Ahah oui c’est vrai pour le lexique 😉 on vous attend pour le pisco !

  • Répondre
    Philou et Mathildou
    22 juillet 2018 le 14 h 34 min

    Ces cocktails Boliviens m’on l’air de grande qualité. Prière de rapporter la recette en France !! (Il n’est pas mentionné combien vous en avez bu ?? un certain nombre si j’ai bien compris).
    Bisous bisous à vous deux.

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    Arthurtam
    25 octobre 2018 le 18 h 09 min

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