Carnet de route

De Futaleufu à Villarica : entre lacs et volcans

Le volcan Lanin (3.747 m) et sa cime enneigée, Agentine

Pour cette cinquième étape de notre voyage, nous quittons brièvement le Chili pour traverser la région des lacs en Argentine, avant de repasser la frontière et de voir les premiers volcans de notre voyage. La météo n’a pas été clémente avec nous : nous avons eu de la pluie, du vent et du froid … Nous avons donc un peu avancé en stop et découvert le confort des auberges de jeunesse sur cette étape !

Au programme : le retour de la pampa et des facturas, des lacs, de la pluie, des volcans et du vélo …


L’étape en bref

Les chiffres de l’étape

Distance398 km // Total = 2 568 km
Durée11 jours, dont 10 jours de vélo
Crevaisons / Casses1 matelas percé 🙁
0 crevaison 🙂
Nuits6 nuits en auberge (Bariloche, San Martin, Junin, Pucon,Villarica)
4 nuits en bivouac
1 nuit en camping

Le trajet

Nos coups de cœur

♥ La région des lacs en Argentine
♥ Le parc national Lanin, avec son volcan et ses forêts d’araucarias
♥ La région de Pucon, avec son lac couronné par le volcan Villarica


Nos aventures en détail

1. De Futaleufu à Bariloche : retrouvailles avec l’Argentine et le vent de la pampa

Nous quittons Futaleufu, motivés pour repasser en Argentine, après un jour de repos forcé supplémentaire pour Pauline qui était un peu malade. Après 10 km de route asphaltée, nous rejoignons le poste frontière chilien. Les formalités administratives sont vite expédiées mais la route devient ripio dès que nous repassons en Argentine. C’est assez mauvais pour le ventre de Pauline qui se remet tout juste car le ripio secoue pas mal … Après 7 km de piste, nous trouvons un pick-up qui nous avance de 60 km, nous évite le ripio et nous dépose directement à la ville d’Esquel.

Nous nous retrouvons donc sur la place centrale d’Esquel, connue pour être un bastion de l’immigration galloise. Notre première réaction est : « Wahou, mais c’est une vraie ville ! ». En effet, Esquel (32.000 habitants) n’a rien à voir avec les villages que nous avons vu au Chili jusqu’ici. Les maisons ne sont pas faites de tôle et de bois, elles ont des jardins proprets avec des fleurs, il y a de vrais supermarchés, … Bref, pour notre retour en Argentine, nous avons l’impression d’être bien accueillis. Surtout que nous allons trouver une boulangerie sur la place qui fait des Facturas fabuleuses (les viennoiseries dont on vous parlait dans notre premier article !) : à la crème pâtissière, au Dulce de Leche ou à la confiture, rien de mieux pour nous requinquer !

Coucher de soleil, vers Esquel, Ruta 40, Argentine
Après avoir fait des courses à Esquel, nous reprenons la route. Les paysages n’ont plus rien à voir avec ceux du Chili, nous retrouvons notre chère Pampa ventée … Nous nous arrêtons 15 km plus loin, au bord de la Ruta 40, cette route nationale qui traverse l’Argentine du nord au sud. Ce bivouac n’a rien d’un bivouac de rêve – nous sommes juste derrière une butte, très proche de la route – mais il a le mérite d’exister ! Au réveil, il pleut et le vent est vraiment très fort : il décroche les sardines du sol et fait tomber les vélos sur la tente ☹

Nous prenons quand même la route, mais après 8 km, le vent de la Pampa a raison de nous et nous faisons du stop. Nous trouvons un pick-up qui nous emmène jusqu’à El Bolson, 135 km plus loin. Il se met à pleuvoir des trombes d’eau lorsque nous arrivons dans la ville. Nous profitons d’une éclaircie pour déjeuner au soleil mais sommes assez peu motivés pour reprendre la route aujourd’hui : le vent, la pluie, … nous nous sentons assez vulnérables face aux éléments. Nous décidons donc de prendre un bus pour parcourir les 120 kilomètres qui nous séparent de Bariloche.

Arc en ciel vers Esquel, Ruta 40, Argentine

Nous arrivons donc à Bariloche deux jours après être partis de Futaleufu, mais nous avons parcouru la majorité de la route en stop ou en bus et avons seulement pédalés 60 km. Il faut parfois savoir plier face à des conditions peu favorables aux cyclistes !

2. De Bariloche à Junin de Los Andes : la région des lacs en Argentine

Bariloche est une ville de 100.000 habitants, au bord du lac Nahuel Huapi, un très beau lac qui descend directement des montagnes. La ville est touristique en été car elle se situe à la limite sud de la région des lacs et qu’elle est entouré de parcs nationaux. En hiver, elle attire également les touristes pour sa proximité avec les stations de ski. Avec son centre-ville où s’alignent des petits chalets de bois, elle a des allures de petite station des Alpes. Nous y resterons deux nuits, dans une auberge de jeunesse. Le temps est froid et humide, nous avons l’impression que l’automne s’avance déjà …

Il pleut lorsque nous voulons prendre la route, donc nous ne quittons l’auberge que tard dans la matinée, après que la pluie ait cessé. Nous longeons d’abord la rive sud du lac Nahuel Huapi pendant 20 km, vers l’est. Il y a un peu de vent, mais il est dans notre dos et le soleil est revenu ! Nous profitons d’une belle vue sur Bariloche, avec les montagnes en arrière-plan. La route bifurque ensuite plein nord, puis nord-ouest et nous avons carrément le vent de face … Nous pédalons à 6/7 km/h, c’est dur mais nous nous sommes bien reposés à Bariloche donc nous ne nous démotivons pas. Nous nous arrêtons finalement pour bivouaquer au bord du lac.

Bariloche et son lac
Un mur peint avec un oiseau, à Bariloche, Argentine
Les Increvables Voyageurs, devant le lac Nahuel Huapi, proche de Bariloche, Argentine

Le lendemain, il ne fait que 8°C lorsque nous prenons la route mais nous continuons à longer la rive nord du lac Nahuel Huapi et profitons de beaux points de vue. Nous déjeunons sur une petite plage, en gardant nos doudounes car la température ne s’est pas réchauffée malgré le soleil ! Nous continuons la route et arrivons à Villa La Angostura, une station touristique apparemment très chic car nous n’avons jamais vu autant de spas et d’hôtels de luxe depuis le début de notre voyage. Et c’est vrai que les paysages des alentours sont magnifiques !

A partir de Villa La Angostura commence officiellement la route des 7 lacs qui va jusqu’à San Martin de los Andes. Cette route serpente donc entre 7 principaux lacs et est renommée pour ses paysages typiques. Nous bivouaquons au bord du Lago Espejo, le 1er lac du parcours, et profitons d’un beau coucher de soleil sur la plage. Au réveil, le lendemain, c’est le déluge ! Après un petit-déjeuner dans la tente et après avoir enfilé notre équipement imperméable (veste, pantalon, sur-chaussures), nous nous motivons pour replier le camp sous la pluie et pour prendre la route. Nous roulons pendant 1h mais ne profitons pas du tout de la beauté de la route. Nous nous résignons donc à faire du stop pour rejoindre San Martin de Los Andes et nous ratons donc la plus grande partie de ce parcours apparemment superbe.

Le lac Nahual Huapi, proche de Bariloche, Argentine
Une plage du lac Nahuel Huapi, près de Bariloche, Argentine
Coucher de soleil au lac Espejo, sur la route des 7 lacs, Argentine

A San Martin de Los Andes, comme nous arrivons sous des trombes d’eau, nous nous réfugions dans une auberge de jeunesse. Il pleuvra encore toute la journée et toute la matinée du lendemain ! Nous ne reprendrons la route en direction de Junin de Los Andes que vers 14h30, lorsque la pluie a cessé. Nous parcourons les 41 km qui séparent les deux villes en moins de 3h, à une bonne moyenne de 15 km/h car nous avons le vent dans le dos pendant la majorité du trajet 😊

3. De Junin de Los Andes à Villarica : volcans et retour au Chili

A partir de Junin de Los Andes, le paysage change : il n’y a plus de forêt, ni de lac et nous avons l’impression de rouler dans un Far West agrémenté d’un vent glacial ! Le vent est d’abord dans notre dos, puis de face encore une fois.

Un paysage de "far west", près de Junin de los Andes, Argentine
Un paysage verdoyant, proche de Junin de los Andes, Argentine

Nous avançons donc doucement mais découvrons avec bonheur le volcan Lanin, le premier volcan de notre voyage ! Il culmine à 3.776 mètres d’altitude et forme un cône enneigé presque parfait. Nous entrons dans le parc national Lanin et trouvons à bivouaquer sous les araucarias, ces grands arbres typiques de la région, qu’on appelle désespoir des singes chez nous. D’ailleurs, on ne sait pas pourquoi on les appelle comme ça, car ce n’est pas vraiment une région où il y a des singes !

Le volcan Lanin au milieu des araucarias, dans le parc national Lanin, Argentine

Le lendemain, nous nous réveillons dans la forêt d’araucarias, avec un beau soleil qui éclaire le volcan. Nous sommes à 1.200 mètres d’altitude, il fait 2°C mais nous sommes heureux de profiter de cette vue 😊 La route nous fait ensuite repasser au Chili, après une courte visite de 8 jours en Argentine. Nous profitons d’une belle descente (800 mètres de dénivelé négatif !) à travers la forêt et cherchons un endroit où planter notre tente. Mais tout est clôturé ici … Nous trouverons finalement un « camping rural », c’est-à-dire un pré avec des cochons, des moutons, un cheval, des toilettes sommaires et des tables de rondins de bois !

Comme nous sommes encaissés dans une vallée où coule une rivière, tout est embrumé et humide à notre réveil. Nous attendrons donc que le soleil réchauffe la tente (9h30) avant d’en sortir et de tout ranger. Encore une fois, nous ne commençons pas à pédaler tôt … Heureusement, nous profitons d’un léger vent de dos et arrivons rapidement à Pucon. Le volcan Villarica surplombe la ville et c’est vraiment très beau ! Contrairement au volcan Lanin qui est endormi, le volcan Villarica est actif : il est officiellement en éruption depuis 2014, le cratère dégage apparemment de la fumée, mais nous n’avons rien lors de notre passage.

Vue du volcan Villarrica, au bord du lac, à Pucon, Chili
Un panneau qui montre la voie d'évacuation en cas d’éruption du volcan Villarrica, un des volcans les plus actifs du Chili
Au bord du lac Villarrica, à Pucon, Chili

Entre Pucon et Villarica, la route longe le lac Villarica : il fait beau et nous parcourons tranquillement les 25 km entre les deux villes. Le lac est vraiment magnifique et nous rappelle Annecy ! Il y a ici aussi de nombreux hôtels au bord du lac et des complexes résidentiels avec vue imprenable sur le lac et sur le volcan. En arrivant à Villarica, nous profitons une dernière fois d’une vue dégagée sur le volcan du même nom. Et c’est l’heure du goûter donc nous mangeons une glace au soleil 🙂 Au fur et à mesure que l’après-midi avance, le ciel se couvre et il doit pleuvoir pendant les prochaines 48h …

Coucher de soleil sur le Volcan Villarica, au Chili
Le lac Villarrica, à Villarrica

Pour la suite du voyage, nous remontons par le Chili, jusqu’à Valparaiso, et nous entrons dans des régions qui ne sont plus dans les guides touristiques ! Nous hésitons encore à remonter uniquement (mais rapidement) par la Ruta 5/Panaméricaine (c’est un autoroute) ou à bifurquer plus haut pour remonter par la côte. Rendez-vous au prochain article pour connaitre notre route 😉


Le lexique franco-espagnol des Increvables Voyageurs

La lluvia : la pluie. C’est la nouvelle invitée surprise de notre voyage, après le vent. Elle aura été très présente sur cette étape et nous aura obligé à nous arrêter. Car rouler sous la pluie, ce n’est pas très intéressant et même avec un super équipement imperméable, on finit toujours par prendre l’eau quelque part …

Hacer dedo : faire du stop ! Comme vous l’avez vu, nous avons beaucoup avancé en stop sur cette étape, à cause de la pluie ou du vent. Et nous n’avons jamais eu du mal à trouver quelqu’un pour nous emmener nous et nos vélos : on charge tout à l’arrière d’un pick-up et c’est parti 😊

El (colchoneta) aislante : le matelas-mousse. Malheureusement, un de nos super matelas gonflable doit avoir un trou car il se dégonfle durant la nuit … Pas assez pour que l’on se retrouve à plat le matin donc, pour améliorer notre confort, nous avons profité de notre journée de repos à Bariloche pour acheter un matelas-mousse à glisser sous notre matelas gonflable. On dort un peu mieux mais on cherche toujours la fuite …

Los perros : les chiens, comme ceux qui sont venu visiter amicalement notre campement un soir, à la nuit tombée. Intrigués par tant de nouvelles odeurs, l’un deux n’a pas pu s’empêcher de repartir avec une des chaussures de Pauline ! Après une course poursuite à la lampe frontale jusqu’à la ferme voisine (domicile de nos visiteurs canins, où nous avons été accueillis par pas moins de cinq chiens), nous avons pu la récupérer. Ouf, continuer la route en sandales n’aurait pas été idéal !

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